Instruction à la maison

L’école par correspondance Ker Lann s’inquiète de la fin de l’instruction à la maison

Pour lutter contre le séparatisme, l’Etat veut supprimer le dispositif d’instruction à la maison. Un projet qui mettrait en péril l’école par correspondance de Joëlle Belloir.

« Nous sommes un peu assommés. Je ne comprends pas pourquoi nous sommes pointés du doigt. » Ce qui fait réagir Joëlle Belloir, c’est le projet de loi qui rend la fréquentation obligatoire de l’école dès l’âge de trois ans, au détriment de l‘instruction scolaire à domicile. La raison d’être de sa « petite » entreprise.

A Sérent (Morbihan), au lieu-dit Tréalet, se cache le siège de la méthode et pédagogie Ker Lann. Dans la demeure familiale de la directrice, fondatrice et enseignante de l’école, le savoir se transmet de la maternelle au collège. Avec la particularité de se « gérer à distance. »

Depuis 2011, la sexagénaire a développé en famille, un réseau de cours par correspondance. Mis brutalement en péril.

« Nous sommes six à travailler ici, mais on n’a pas de classe à proprement parler. Entourés d’une équipe de 23 enseignants correcteurs, nous suivons près de 2 000 enfants scolarisés à domicile. »

Si Ker Lann répond à des principes propres à sa philosophie, comme le tout couleur ou les devoirs inclus dans le temps de travail, les apprentissages qu’elle dispense sont « agréés et soumis chaque année au contrôle pédagogique de l’Etat », cadre d’emblée Joëlle Belloir.

Radicalisation marginale

Une précision qui prend des allures de justification à l’heure où Emmanuel Macron a annoncé que l’école serait obligatoire à partir de septembre 2021, pour faire face « aux dérives qui excluent des milliers d’enfants de l’éducation à la citoyenneté, de l’accès à la culture, à notre Histoire, à nos valeurs. »

Un non-sens pour la professeure, qui juge la décision inappropriée, pour ne pas dire, déconnectée de la réalité. « Nous comprenons les préoccupations du gouvernement, certaines familles échappent certainement au radar de l’Etat. Mais nous sommes interloqués d’y voir tous les acteurs de l’instruction scolaire à domicile associés. Nous ne portons pas atteinte à la République. Nous sommes profondément laïques, et je crois qu’à notre échelle, nous faisons du bon travail. »

L’ école à la maison comme solution

Leur credo, c’est le sur-mesure.

Avec des cours adaptés à tous les profils. « Que l’enfant soit atypique, standard, dyspraxique, dyslexique, autiste ou mal-voyant », énumère Joëlle Belloir.

Ker Lann se positionne comme « un atelier de réparation pédagogique qui place l’enfant au cœur du processus », sans être en opposition avec l’institution. Bien au contraire.

Aux yeux de la directrice, l’apprentissage à la maison est surtout une passerelle. Particulièrement salutaire dans les cas de phobie scolaire ou de harcèlement.

Des cas concrets, loin des clichés de ces parents qui veulent mettre leurs enfants en marge de la société.

Et la fondatrice de clamer haut et fort : « Les raisons de l’instruction à la maison sont aussi multiples que le nombre de familles qui la compose. Mais le but commun qui les rassemble, c’est le bien-être de l’enfant. »

L’école à la maison, un droit fondamental ?

La loi Ferry date du 28 mars 1882, et instaure l’instruction obligatoire. Qu’elle se déroule au sein d’établissements scolaires, publics ou privés, ou dans les familles. Cette disposition est toujours en vigueur à travers l’article L.131-2 du Code de l’Éducation.
Le nouveau projet de loi défendu par Emmanuel Macron sera étudié en conseil des ministres le 9 décembre 2020.

Nous vous invitons à signer ces deux PÉTITIONS pour faire entendre nos voix, en restant UNIS pour sauver l’instruction à la maison :

POUR le maintien des DROITS à l’Instruction en Famille

Nos LIBERTÉS sont en danger

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