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Classement Pisa et Singapour

Pisa et Singapour

Classement Pisa  : La nouvelle est tombée et fait grincer des dents. La France  se traîne à la 26ème place en Sciences et en Mathématiques selon les résultats de la dernière étude internationale PISA, qui concerne les élèves de 15 ans.

C’est en 2000 que date la publication du premier classement Pisa, l’enquête internationale menée par l’OCDE. Elle s’est imposée progressivement comme l’étude de référence pour la comparaison des systèmes éducatifs entre eux et pour mesurer leur évolution.

Jusqu’à la publication des résultats de la première enquête PISA, les responsables politiques comme l’opinion publique – en général – étaient  confiants en leur système scolaire.

Certains pays en ont profité pour se réveiller, d’autres se trouvent encore de bonnes excuses…

Outre Singapour qui décroche en 2016 la première place dans ce palmarès, l’Allemagne fait aujourd’hui partie des trois seuls pays (avec la Turquie et le Mexique) qui ont amélioré à la fois leur score en mathématiques et le degré d’équité de leur système d’éducation entre 2003 et 2012. À titre de comparaison, la France a perdu 16 places pour la même période.  Les performances des élèves français ont baissé ET les inégalités ont augmenté…

Il faut pourtant savoir qu’en 2000, l’Allemagne était très mal classée dans tous les domaines évalués par l’étude PISA . Elle était 21ème (sur 31 pays étudiés) dans le domaine de la maîtrise de la lecture, 20ème pour la maîtrise des mathématiques, et 20ème en sciences.

C’est pourquoi le mauvais classement de l’Allemagne fut été très mal vécu à tel point qu’il a donné naissance à l’expression « choc PISA »  pour traduire ce sentiment.

Comment s’expliquent ces bons résultats pour nos voisins allemands ?

Ces bons résultats s’expliquent par les réformes entreprises entre 2003 et 2010, mais aussi par une spécificité du système éducatif allemand. Ce système combine un apprentissage pratique en entreprise et un enseignement théorique dispensé au lycée professionnel. 60% des jeunes Allemands suivant un apprentissage choisissent cette voie qui dure deux ans et est sanctionnée par un examen délivrant un diplôme d’État.

Ce système permet ainsi une insertion rapide des apprentis sur le marché du travail.

Conséquences  : En 2015, le chômage des jeunes en Allemagne s’élevait à 7,8%, tandis qu’en France il atteignait 24,8% !

On voit donc qu’en Allemagne plusieurs réformes ont été engagées ,si bien que dix ans après « le choc PISA », le pays a réussi à améliorer les résultats de son système éducatif de façon spectaculaire.

Par ailleurs, afin d’améliorer les résultats des enfants d’immigrés, des programmes nationaux de soutien linguistique ont été créés par le gouvernement fédéral au niveau du jardin d’enfant pour favoriser une meilleure maîtrise de l’allemand à l’entrée au CP. Une instance de contrôle, « l’Institut pour le progrès éducatif » a également été créée avec la mission d’évaluer et de soutenir l’amélioration du système éducatif allemand.

Enfin, des efforts conséquents ont été entrepris afin d’augmenter le nombre d’heures d’enseignement dispensées, de renforcer l’autonomie des établissements scolaires (notamment sur la gestion du budget et des ressources humaines), et d’améliorer la formation des enseignants.

Des enseignements pour la France ?

Si la France peut s’inspirer des méthodes mises en œuvre pour réformer le système éducatif allemand, elle pourrait également prendre certains dispositifs tels que le système dual d’apprentissage pour modèle. 

Dans une note publiée en 2014 Une nouvelle ambition pour l’apprentissage , l’Institut Montaigne mettait en avant dix propositions concrètes pour développer l’apprentissage en France.

1.    Rationaliser, mieux cibler et simplifier drastiquement le système d’aide aux entreprises embauchant des apprentis.

2.    Réformer le circuit de la taxe d’apprentissage et piloter son affectation en région.

3.    Améliorer et faciliter les conditions d’accès des jeunes à l’apprentissage.

4.    Mettre en place une véritable politique nationale de l’apprentissage.

Analyse :

Deux connaisseurs des modèles éducatifs, Jean-Marie De Ketele et Bernard Hugonnier, relevaient l’an dernier des similitudes pédagogiques dans ces pays performants.Ces pays ont le culte de l’apprentissage par la répétition qui «part d’observations et d’imitations». (cf / article sur «les modèles asiatiques» publié dans la revue internationale d’éducation de Sèvres). Leurs systèmes éducatifs mettent l’accent sur la résolution des problèmes. Le travail, très important, fourni par les élèves est reconnu comme une valeur en soi. On peut également constater une «forte pression exercée par les parents quant au travail scolaire qui s’oppose à un certain laxisme occidental, où l’objectif semble désormais de faire d’abord plaisir aux enfants». Enfin, les maîtres et leurs fonctions sont particulièrement respectés.

Première cause :

La première cause est «politique» répondent tous nos interlocuteurs. «Ce sont des choix politiques qui ont été faits, tous gouvernements confondus, depuis plusieurs années», explique Pascal Charpentier, proviseur du lycée du Parc à Lyon.

«Cette baisse de niveau est le résultat de la réforme du lycée mise en place juste avant 1995, et la décision de remplacer les terminales C (mathématiques et physique) et D (biologie) par la terminale S, et la rendre plus accessible». «En voulant augmenter le nombre de bacheliers scientifiques, on a baissé le volume des heures de cours confirme Martin Andler, président d’Animath. Pour Mourad Kchouk, de Janson de Sailly, ces réformes ont entraîné «l’abandon du calcul dans le secondaire au profit de la culture scientifique. «Aujourd’hui, les élèves de prépas ont une très bonne culture scientifique. Mais ils ont de vraies difficultés en calcul». Pascal Charpentier ajoute: «Ils ne savent plus faire un calcul mental sans calculatrice».

Ensuite, le niveau des établissements scolaires est particulièrement hétérogène. La première analyse du classement Pisa 2015 permet de voir que le pourcentage d’élèves très performants est supérieur à la moyenne de l’OCDE.  Mais le nombre d’élèves peu performants l’est également.  «Ma conviction personnelle est que la France forme très bien les bons élèves, mais a du mal à former ceux qui ont plus de difficultés. » C’est ce qu’ explique Jean-Noël Dargnies, responsable des classes préparatoires de Sainte Geneviève, la meilleure prépa scientifique de France.  Selon lui, «il y a une France à deux vitesses».

Conclusion:

L’autonomie des établissements est aussi pointée par l’OCDE comme un facteur important de la performance des élèves.

Le classement et ses conclusions permettent de mettre en perspective la situation française.

Reconnaissons-le, les résultats ne sont pas bons, surtout au regard du budget consacré au système éducatif français.

Ni la performance  ni l’égalité des chances ne sont au rendez-vous.

Alors, au travail !

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